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Le Séminaire des Carmes fidèle à sa tradition d’initiatives et de responsabilité

Au cœur de l’Institut Catholique de Paris, le Séminaire des Carmes accueille 35 séminaristes, âgés de 25 à 42 ans. Rencontre avec le Supérieur et 3 jeunes hommes plein d’avenir pour parler de la formation intellectuelle des séminaristes.

10h. C’est l’heure de la pause-café au bar du Séminaire des Carmes. Parfait, prêtre de 38 ans, originaire du Bénin, retrouve Emmanuel, diacre de 29 ans qui sera ordonné à Angers le 1er juillet prochain et Cyrille, 29 ans, séminariste en 3eme année pour les Missions Etrangères de Paris, avant de profiter du soleil dans le jardin réservé aux séminaristes.

Aux Carmes, les séminaristes poursuivent des études universitaires en théologie et en philosophie. Le premier cycle dure 5 ans et prépare au Baccalauréat Canonique, le second 2 ans et prépare au Master. « Mais on peut entrer ici à différents moments de sa formation » commente Parfait. Lui termine des études de théologie des religions en vue de rejoindre l’équipe « dialogue interreligieux » de son diocèse. Bientôt 40 ans et toujours étudiant ? « C’est un effort à tenir, reconnaît-il, surtout après 6 ans de droit et de philo... » Mais ces études « pas que pour soi » viendront nourrir une réflexion pastorale.

Chacun a été envoyé au Séminaire universitaire des Carmes par son évêque. « Ici se rencontre toute la diversité de l’Eglise ! » dit le père Jean Louis Blaise, supérieur du séminaire. Difficile donc de définir le profil-type de la maison, même si les séminaristes partagent « l’expérience d’études antérieures » et souvent la chance « d’avoir beaucoup voyagé ». Le père Blaise a été séminariste au séminaire des Carmes, il a enseigné à l’Institut Catholique de Paris et exerce la responsabilité de supérieur depuis septembre 2011.

Pour lui, les études sont un lieu d’ouverture au monde. « On y réfléchit les formes de questionnement, les inquiétudes, les caractéristiques de notre époque, comme l’individualisme ». Un avis partagé par les séminaristes pour qui ces préoccupations se retrouvent en pastorale. Ils soulignent, à l’Institut Catholique de Paris, le mélange des diocèses, la présence de laïcs engagés et d’étudiants étrangers (notamment asiatiques), garantie d’une diversité propice au dialogue. L’université accueille aussi des protestants et des orthodoxes. « Ici on encourage la recherche et l’appropriation personnelle » ajoute Parfait, en prenant pour exemple l’examen de fin de 1er cycle appelé « oral de maturité ».

Un équilibre à trouver entre vie étudiante et de prière, insertion en paroisse

« Chaque séminariste est suivi par un prêtre de l’équipe sur le terrain des études » explique le P. Blaise. En premier cycle, les cours n’ont lieu que le matin et laissent les après-midi libres. L’enjeu est d’acquérir rapidement une discipline personnelle car les retards dans la scolarité sont problématiques. « Il faut de la motivation pour des études longues » admet-il.

Suite à leur « visite canonique » au Séminaire, les évêques référents - Mgr Michel Santier, évêque de Créteil, et Mgr Michel Pansard, évêque de Chartres - ont notamment demandé de veiller à l’équilibre entre études et « insertion pastorale » surtout pour les séminaristes en fin de parcours. C’est le cas de Parfait, déjà ordonné prêtre et résidant dans une paroisse du diocèse de Pontoise où il commence à préparer les JMJ de Rio 2013.

Etudiant en droit canonique, Emmanuel, diacre, vit en paroisse dans le XIIème arrondissement de Paris. Il y assure des baptêmes, participe aux messes, accompagne un groupe de scouts. Cet été, il partira à Lourdes avec des jeunes.

Cyrille, lui, termine sa 3ème année aux Carmes où il réside à temps plein. Le cursus des Missions Etrangères de Paris ajoute trois sessions à son calendrier déjà bien rempli.

Car la formation intellectuelle n’est pas tout ! Il s’agirait d’ailleurs plutôt d’intelligence de la foi. Le P. Blaise souligne ce que la théologie et l’étude de la Bible permettent sur le plan spirituel. « Mais le séminaire lui-même doit nourrir la formation spirituelle » remarque-t-il. Ainsi en première année, un atelier aborde la prière, l’ascèse, le combat spirituel... « Les autres années sont elles aussi à nourrir sur le plan spirituel ».

Une vie communautaire formatrice

« Au service du bien commun », le « bureau » des séminaristes prend sa part dans l’animation de la vie communautaire. L’an dernier était plutôt axé sur la connaissance mutuelle, avec des soirées à thème (coréenne, africaine, suisse...) Cette année, le projet est davantage tourné vers l’extérieur, avec la refonte du site Internet. Cyrille verrait bien aussi quelque chose de sportif ! Mais la vie communautaire, ce sont aussi les offices, les messes quotidiennes et l’assemblée communautaire du jeudi soir.

Des week-ends sur le célibat ou la vie affective permettent d’aborder ces thèmes autrement qu’en cours de psychologie ou de morale familiale et sexuelle. L’accompagnement spirituel permet un autre type d’approfondissement. « Le Séminaire des Carmes est un lieu qui offre un espace pour se poser ces questions » estime Parfait, à qui on les pose souvent. Quid de la pédophilie ? La question ne peut être absente ni de la réflexion personnelle, ni de la réflexion communautaire. Des outils de travail sont disponibles. Le séminaire est aussi le temps et le lieu où ces questions doivent être abordées.

Le P. Blaise est confiant dans « le grand potentiel de la maison » : « Notre Séminaire est une école d’Eglise. On y reçoit des autres, on y apprend à traverser de façon féconde les difficultés. C’est à travers cela qu’on grandit dans la foi et dans le service de l’Eglise ».

(Source : site de la Conférence des évêques de France)

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Entretiens avec Claire Le Guen
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