Contact
Carmanews
Agenda

Les Bienheureux martyrs de 1792

Le 2 septembre 1792, un peu plus de cent personnes, en grande majorité des prêtres et religieux, sont massacrés dans les jardins et actuels bâtiments du Séminaire des Carmes.

Premières persécutions

Sous la Révolution, la vie des religieux n’est guère troublée avant octobre 1790, lorsque les vœux religieux sont interdits. Quelques-uns des frères carmes quittent alors le couvent, pendant que d’autres sont accueillis, venant de couvents parisiens fermés.

Les persécutions s’intensifient en 1791. En avril 1792, ce sont finalement toutes les congrégations religieuses qui sont interdites. Une fois encore, plusieurs frères partent se réfugier en province ou émigrent.

La prison

Le 11 août 1792, le lendemain de la chute de la monarchie, l’église Saint Joseph des Carmes est transformée en dépôt pour les prêtres réfractaires arrêtés. Environ cent cinquante prêtres et dix laïcs y sont enfermés dans des conditions de vie précaires.

En effet, depuis la condamnation de la Constitution civile du Clergé par Pie VI en avril 1791, le clergé français s’est divisé entre jureurs et réfractaires. Ces derniers, fidèles au Pape, sont alors contraints d’entrer dans la clandestinité. Nombre d’entre eux, venant de toute la France en habit civils, optent pour l’anonymat de la capitale. Ils sont particulièrement nombreux à se retrouver dans le quartier de Saint-Sulpice où beaucoup d’entre eux ont suivi leur formation au Séminaire qui jouxte l’Eglise.

L’archevêque d’Arles, Jean Marie du Lau d’Allemans et son vicaire général Armand de Foucauld de Pontbriand ; mais aussi les évêques de Beauvais, François-Joseph de La Rochefoucauld-Bayers, et de Saintes, Pierre-Louis de La Rochefoucauld-Bayers, son frère, furent enfermés dans l’église.

Les massacres du 2 septembre 1792

L'un des lieux d'execution, "le péron des Martyrs" {JPG}
L’un des lieux d’execution, "le péron des Martyrs"

Le 2 septembre, alors que les Prussiens marchent sur Paris, le tocsin attise la violence des révolutionnaires de la capitale. Vers 16 h, un groupe de forcenés en armes pénètre dans le jardin pendant la promenade et massacre pendant quinze minutes plusieurs prêtres et deux évêques.

Puis les commissaires de la section du Luxembourg organisent un simulacre de procès, demandant à chaque prisonnier de prêter serment ; à chaque réponse négative, le prêtre est exécuté à l’arme blanche. Après deux heures, environ 115 cadavres s’entassent dans le parc, jetés dès le lendemain dans un puits ou dans le cimetière de Vaugirard.

Le secrétaire général de l’Institut des Frères des écoles chrétiennes, le Saint Frère Salomon Leclerc compte également au nombre des victimes.

Aujourd’hui

La crypte des martyrs {JPG}
La crypte des martyrs

La crypte de l’église Saint Joseph des Carmes abrite de nombreux ossements retrouvés au XIXe siècle. Plusieurs autres souvenirs du massacre sont répartis dans le séminaire : le perron où a eu lieu une partie des exécutions, une salle où le mur garde la trace des baïonnettes ensanglantées. Et quelques lieux où des prisonniers ont pu se cacher.

Des visites sont organisées régulièrement, vous pouvez contacter le Séminaire pour en organiser une.

Saint Salomon Leclerc fut béatifié le 17 octobre 1926, par le pape Pie XI, avec 190 de ses compagnons de martyrs. Il fut le premier martyr et aussi le premier béatifié chez les frères des écoles chrétiennes.

Sa fête est célébrée le 2 septembre au jour de la Mémoire des Bienheureux Martyrs des Carmes.

Le 10 mai 2016 est rendu public le décret de la Congrégation pour les Causes des Saints reconnaissant un miracle du à son intercession, ouvrant ainsi la voie à sa canonisation.

Sa canonisation a été célébrée à Rome par le Pape François, avec six autres saints, dont Elisabeth de la Trinité, le dimanche 16 octobre 2016. Il est le premier saint de la Révolution Française.

Sites Internet

Album photo

L’un des lieux d’execution, "le péron des Martyrs"
La crypte des martyrs
 -  - 
© Séminaire des Carmes 2012 - Mentions légales - fil rss