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Le témoignage des Martyrs des Carmes

Aujourd’hui séminaire de l’Institut Catholique de Paris, cet ancien couvent construit en 1611 abrite une vingtaine de séminaristes qui se préparent à la prêtrise sous le patronage des bienheureux martyrs des Carmes.

Parmi la foule innombrable des bienheureux qui contemplent la face de Dieu, l’Église donne en exemple 110 évêques, prêtres et religieux assassinés le 2 septembre 1792 au couvent des Carmes Déchaux de Paris. Aujourd’hui séminaire de l’Institut Catholique de Paris, cet ancien couvent construit en 1611 abrite une vingtaine de séminaristes qui se préparent à la prêtrise sous le patronage des bienheureux martyrs des Carmes.

 


Les évêques Martyrs

 

À première vue, un séminariste du début du XXIe siècle pourrait se sentir assez éloigné de ces prélats, chanoines, grands vicaires et aumôniers de la fin du XVIIIe siècle.

Ces hommes aux bénéfices multiples, issus de familles aristocratiques et bourgeoises avaient fui les troubles révolutionnaires dans les provinces françaises ou exerçaient déjà un ministère à Paris. Quelle commune mesure entre l’appareil honorifique ecclésiastique de la fin de l’Ancien Régime qui produisait des cohortes d’abbés commendataires, vicaires généraux, hauts doyens, chanoines et autres prébendiers, et la situation actuelle des diocèses de France ?

 


Mémoire du Premier Martyr

 

Pourtant, sur la paille déposée dans l’église Saint Joseph, leur prison de fortune, se côtoyaient les jeunes vicaires venus retrouver leurs anciens condisciples au Séminaire Saint Sulpice et les prêtres âgés que l’on avait tiré de force de l’hospice voisin. Dans leur diversité ils témoignaient tous de la même fidélité au Christ et à l’Église en refusant d’entrer dans une religion fabriquée, idéologique et réglée par l’État. Aujourd’hui les dangers ne sont plus les mêmes mais ces prêtres nous rappellent l’importance de se maintenir ensemble dans le courant de la foi, en communion avec toute l’Église.

 


Crypte des Martyrs

 

Une des premières mesures de geôliers fut d’interdire aux prêtres de célébrer la messe.

Ils se contentèrent donc de prier ensemble les offices du bréviaire, faisant résonner sous les voûtes psaumes, hymnes et cantiques. Le concile de Vatican II affirme avec force que le sacrifice eucharistique est « source et sommet de toute la vie chrétienne » (Lumen Gentium n. 11). Les bienheureux martyrs des Carmes en témoignent et nous montrent la centralité de la communion de prière dans la vie des prêtres.

Les témoignages des survivants et des personnes qui ont assisté au massacre, insistent tous sur le comportement pacifique des prisonniers. Ces derniers s’attachaient à mener une vie droite, jusqu’à refuser de s’évader ou de faire entrer des armes dans l’église. Au contraire ils prenaient du temps pour réconforter les personnes qui venaient les visiter, les entendre en confession et ils se souciaient que leurs biens puissent être utiles aux plus nécessiteux après leur décès probable. Ce zèle apostolique constant témoigne de vies données au service des autres. Face à la violence, les martyrs témoignent sans se lasser de l’amour et de la charité.

 


Croix des Martyrs

 

La béatification des martyrs n’aura lieu que le 17 octobre 1926, un an après la pérennisation des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège. Si le témoignage de la foi doit être vécu à temps et à contretemps, la vie du chrétien n’est pas étrangère au monde qui l’entoure. Une dimension essentielle de la vocation d’un séminariste diocésain et de son futur ministère est en effet d’évangéliser ses racines et sa propre culture.

Emmanuel Barsu

Séminariste en 5ème année pour le diocèse de Besançon

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